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Fiche pédagogique de lecture : Victor Hugo, Fenêtres ouvertes.

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Il s’agit d’une fiche pédagogique d’activité de lecture destinée à la 1ère année collège et visant l’étude de »Fenêtres ouvertes » de Victor Hugo en se basant sur l’analyse du rythme du poème et du champ lexical du bruit.



Déroulement de la séance

·        Texte:

Le matin – En dormant

 

J’entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.

Une cloche est en branle à l’église Saint-Pierre.

Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !

Non, par là ! Les oiseaux gazouillent, Jeanne aussi.

Georges l’appelle. Chant des coqs. Une truelle

Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.

Grincement d’une faux qui coupe le gazon.

Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.

Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.

Musique militaire arrivant par bouffées.

Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.

Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici

Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.

Vacarme de marteaux lointains dans une forge.

L’eau clapote. On entend haleter un steamer.

Une mouche entre. Souffle immense de la mer.

Victor HUGO, Fenêtres ouvertes, dans l’Art d’être grand père (1877).

(1) : en branle : en mouvement

(2) : Saint-Pierre : dans le port de Saint-Pierre, à Guernesey.

(3) : Jeanne et Georges : petits-enfants du poète.

(4) : une truelle : outil de maçon qui permet d’étaler le ciment.

(5) : une faux : outil formé d’un manche et d’une longue lame recourbée.

(6) : des couvreurs : ouvriers qui couvrent ou réparent les toits.

(7) : une forge : atelier de forgeron (ouvrier qui travaille les métaux)

(8) : clapoter : faire un petit bruit de vagues

(9) : un steamer : bateau à vapeur

I.  Préparer la lecture :

L’enseignant aura demandé aux élèves de chercher sur internet des informations sur Victor Hugo et sur Hauteville House et de répondre à la question suivante : Dans quelles circonstances Victor Hugo a-t-il résidé dans cette maison ?

II.  Identifier le texte :

L’enseignant demandera à quelques élèves de lire le texte tout en s’arrêtant sur l’explication des mots difficiles, et fera à son tour une lecture magistrale après laquelle il posera les questions suivantes :

Q : Quel est le genre du texte ? Justifiez votre réponse.
R : Le texte est un poème (en alexandrins) car il est composé de vers.

Q : Quel est le titre du poème ? D’où est-il extrait ? Qui en est l’auteur ?

R : Le titre du poème est : « fenêtres ouvertes », il est extrait du recueil : dans l’Art d’être grand-père du poète Victor Hugo.

Q : Présentez brièvement Victor Hugo en vous basant sur vos recherches.
R : Victor Hugo est un poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française.

Q : Où résidait  Victor Hugo quand il avait composé ce poème ?
R : Il habitait à Guernesey dans la Hauteville House.

Q : Dans quelles circonstances Victor Hugo a-t-il résidé dans cette maison ?
R : À la suite du coup d’état du 2 Décembre 1851, le poète qui s’oppose au régime autoritaire de l’empereur Napoléon III, doit s’exiler à Bruxelles, puis à Jersey, et finalement à Guernesey en 1855. La vente de son recueil « Les Contemplations » lui permet d’acheter la Hauteville House en 1856, il y vivra jusqu’en 1870, (date de fin du régime impérial). Il s’installe alors à Paris et continue de faire des séjours à Hauteville House, en compagnie de sa famille, en particulier de ses petits-enfants, Jeanne et Georges.


III.  Comprendre le poème:

Q : Quel est le moment de la journée cité dans le poème ? Justifiez votre réponse.
R : Le poète a choisi un moment particulier du matin, celui où il émerge du sommeil, comme le montre le sous-titre du poème : « Le matin-en dormant »

Q : Par quel sens le poète perçoit-il le monde qui l’entoure ? Relevez le champ lexical qui le montre.
R : Le poète ne perçoit le monde en ce moment précis que par le sens de l’ouïe, puisque ses yeux sont encore fermés.

Le champ lexical du bruit est omniprésent dans le poème : J’entends des voix (v.1) , une cloche (v.2), cris (v.3), gazouillement (v.4), appelle, chant (v.5), racle (v.6), grincement (v.7), chocs, rumeurs (v.8), bruits, sifflement (v.9), musique (v.10), brouhaha, voix (v.11), chanter (v.13), vacarmes (v.14), clapote, haleter (v.15), souffle (v.16)

Q : Classez les bruits selon leur origine : élément naturel, animaux, activités humaines, voix.

R :

Bruits liés à un élément naturel

-L’eau clapote (v.15)
-Souffle  immense de la mer (V .16)

Bruits liés à des animaux

-Les oiseaux gazouillent (v.4)
-Chant des coqs (v.5)
-Chanter mon rouge-gorge (v.13)

** Certains animaux évoquent des bruits par leurs activités seulement :
-Des chevaux qui passent dans la ruelle (v.6) ou bien la mouche qui entre (v.16) est associée implicitement à un bourdonnement.

Bruits liés à des activités humaines

-les voix (v. 1)
– la cloche de l’église Saint-Pierre (v.2)
-les cris des baigneurs (v.3)
-les petits-enfants du poète se font entendre : Jeanne gazouille comme des oiseaux (v.4) et Georges l’appelle (v.5)

** Différents corps de métiers se manifestent :
-la truelle qui racle (v.5-6) est celle d’un maçon.
-le grincement d’une faux (v. 7) indique l’activité d’un ouvrier agricole
-les couvreurs qui marchent sur la maison (v.8) font des bruits de pas.
-les vacarmes de marteaux lointains dans une forge (v.14) indiquent le travail de forgeron.
-Sifflement des machines chauffées (v.9)
-musique militaire (v.10)
-Brouhaha sur le quai. (v.11)
-Voix françaises (v. 11) 
-haleter un steamer (v.15)

 

Q : Relevez du poème les allitérations et les assonances qui évoquent le bruit.

Rappel : allitération : répétition de sons de consonnes // assonance : répétition de sons de voyelles

Allitérations

Assonances

Au vers 4, l’allitération en {z} imite le chant des oiseaux : Les oiseaux gazouillent. Au vers 9 et 10, on peut noter l’allitération {m}, qui fait songer au martèlement de la musique ou Sifflement des machines, et celle en {f} qui évoque le sifflement : sifflement des machines chauffées. / Musique militaire arrivant par bouffées.

Les assonances en {ou} et en {a} aux vers 10 à 12 rendent la confusion des bruits dans le port :
arrivant par bouffées. / Brouhaha sur le quai.

Voix françaises. Merci. / Bonjour. Adieu. Sans

doute il est tard, car voici.
Le son {oi} de
voix et voici est proche des sons {ou} et {a} ; de plus, le nom brouhaha est créé à partir d’une onomatopée évoquant des sons mêlés et indistincts.

 

Q : Comment trouvez-vous le rythme de la description de cet univers sonore ? Justifiez votre réponse en vous basant sur les formes des phrases, la mesure des vers (nombre de syllabes), la place des coupes (ou pauses) aux vers 3-4 et 11-12.
R : Le poète crée un univers sonore dynamique en recourant à une description avec un rythme rapide. Ainsi il utilise des phrases courtes non verbales pour évoquer les cris des baigneurs 
: Plus près ! Plus loin ! Non, par ici ! / Non, par là ! (v. 3-4), ou bien les conversations des voyageurs sur le quai : Merci. / Bonjour. Adieu. (v. 11-12). Le rythme de ces phrases est rapide et heurté car l’alexandrin reçoit de nombreuses coupes, qui ne sont pas classiques :

Cris/ des/ bai/gneurs. //Plus/ près! // Plus /loin ! //non, //pa/r i/ci !  (Rythme : 4 /2 /2/1/3)

Non, // par/ là !// Les /oi/seaux ga/zouil/lent, //Jean/ne aus/si. (Rythme : 1/2/6/3)

Brou/ha/ha /sur /le/ quai. //Voix /fran/çaises.// Mer/ci. (Rythme : 6/4/2)

Bon/jour. //A/dieu. /Sans /dou/te il /est /tard, //car vo/ici  (Rythme : 2/2/5/3)

IV.  Bilan de lecture:

Trace écrite:

Le poème « fenêtres fermées » est un poème en alexandrins de Victor Hugo. Il fait partie du recueil « Dans l’Art d’être grand-père » publié en 1877.

Dans ce poème, Victor Hugo décrit ce qu’il perçoit lors de son réveil un petit matin par le biais des sens : Pour évoquer les bruits entendus ce matin, Hugo Joue sur le rythme et sur les sonorités (assonances et allitérations), créant ainsi un univers sonore.


L’alexandrin, vers de douze syllabes, permet des combinaisons de rythmes par le jeu des coupes (pauses) ; il se prête à l’expression des perceptions auditives.

 

 

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