Le lac Lamartine fiche pédagogique de lecture.PNG

Fiche pédagogique d’activité de lecture:
Lamartine, Le lac.

Le lac Lamartine fiche pédagogique de lecture entête.PNG

Il s’agit d’une fiche pédagogique d’activité de lecture visant l’étude méthodique du poème Le lac d’Alphonse de Lamartine

Déroulement de la séance

I-Phase d’identification:

L’enseignant demande à un élève de lire le poème, il explique, au fur et à mesure, les mots difficiles.

Support :

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle, emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges

 Jeter l’ancre un seul jour?

O lac! l’année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,

Regarde! je viens seul m’asseoir sur cette pierre

 Où tu la vis s’asseoir!

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes;

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés;

Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes

 Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il? nous voguions en silence,

On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

 Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos;

Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère

 Laissa tomber ces mots:

« O temps, suspends ton vol! et vous, heures propices

 Suspendez votre cours!

Laissez-nous savourer les rapides délices

 Des plus beaux de nos jours!

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent:

 Coulez, coulez pour eux;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent;

 Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,

 Le temps m’échappe et fuit;

Je dis à cette nuit: Sois plus lente; et l’aurore

 Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc! de l’heure fugitive,

 Hâtons-nous, jouissons!

L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive;

 Il coule, et nous passons! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,

Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,

S’envolent loin de nous de la même vitesse

 Que les jours de malheur ?

Eh quoi! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace?

Quoi! passés pour jamais? quoi! tout entiers perdus?

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

 Ne nous les rendra plus?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez?

Parlez: nous rendrez-vous ces extases sublimes

 Que vous nous ravissez?

O lac! rochers muets! grottes! forêt obscure!

Vous que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

 Au moins le souvenir!

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soif dans tes orages,

Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

 Qui pendent sur tes eaux!

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,

Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface

 De ses molles clartés!

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,

 Tout dise: « Ils ont aimé! »

Lamartine, Le lac. 

Les mots difficiles :

Zéphyr :  Vent tiède et léger ; vent doux et agréable.

II-Situation de passage :

L’enseignant demande à un élève de situer le passage.

Situation du passage proposée :

Le poème est extrait du recueil de poème Méditations d’Alphonse de Lamartine publié en 1820. L’histoire d’amour interdit entre le poète et Julie Charles, connue sous le nom d’Elvire dans l’œuvre du poète, lui inspire ce poème dans lequel il médite sur la fuite du temps, et exprime sa nostalgie aux moments heureux qu’il a passés avec sa bien-aimée au bord du lac.

Ce poème est emblématique du mouvement romantique.

L’enseignant demande aux élèves de noter la situation du passage.        

III-Problématique :

    Problématique proposée :

Comment à travers ce poème, Lamartine mettrait-il en scène l’impuissance de l’Homme face à la fuite du temps ?

IV-Axes de lecture :

Axe 1 : la fuite du temps

Questions :

L’enseignant pose les questions suivantes :

-A quel champ lexical appartiennent les mots suivants : «  toujours, nuit, éternelle, » ?

Ces mots appartiennent au champ lexical d temps. L’abondance des thèmes appartenant au champ lexical du temps sur tout le poème traduit la mainmise du temps sur la vie poète.

-Quelle figure de style de sonorité pouvez-vous relever dans les mots suivants « éternelle,Flots,seul flancs, loin, flots » ? ? Quel est son effet recherché ?

Nous pouvons relever une allitération en « l » dont la sonorité traduit l’écoulement rapide du temps et le sentiment d’impuissance du poète face à cette situation.

-Que peut traduire l’apostrophe «  O, temps suspens ton vol » ?

Le poète semble personnifier le temps en le suppliant de lui procurer un moment avec sa bien-aimée.

-De quelle figure de style s’agit-il dans les  phrases« Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle, emportés sans retour » ?

Il s’agit dans cette phrase d’une métaphore filée, l’homme face à la fuite du temps est assimilé à un navigateur qui n’arrive à maîtriser les flots des rivages et subit donc la puissance de la mer sur lui.

-A quel champ lexical appartiennent les mots suivants : «  rapides, m’échappe, fuit, » ?

Les mots «  rapides, m’échappe, fuit, » appartiennent au champ lexical de la fuite, le poète semble être incapable de maitriser le temps qui s’enfuit de lui. Le poète regrette ainsi les moments qui se sont enfuis s’accaparant ainsi de ses moment heureux avec sa bien-aimée.

-A quel temps verbal sont conjugués les verbes« mugissais, brisais, jetait, frappaient »?

Les verbes « mugissais, brisais, jetait, frappaient » sont conjugués à l’imparfait à valeur durative qui met en valeur le calme et sincérité des moments passés.

-Quel est le type des phrases suivantes : « O temps, suspends ton vol! O lac! rochers muets! grottes! forêt obscure! »?

Ces phrases sont des phrases exclamatives donnant lieu à une ponction forte qui traduit l’agitation du personnage, et son incapacité à ralentir le rythme du temps qui s’accélère.

A travers ce poème, le poète met en scène sa nostalgie aux moments de bonheur qui l’ont relié à sa bien-aimée. La furtivité de ses moments souligne la fuite du temps- thème cher aux romantiques. La fuite du temps est accentuée dans le poème par la ponctuation forte, et les interjections qui traduisent la supplication du poète et son déchirement intérieur.

Transition :La mise en scène de la fuite du temps n’est autre qu’un moyen de souligner la faiblesse et l’impuissance de l’homme face à cette situation qui le dépasse.

Axe II : la supériorité de la nature, impuissance de l’homme :

Questions :

-A quel champ lexical appartiennent les mots suivants  «  le vent, les cieux, les orages, rivages, l’astre, pierre, roche » ?

Ces mots appartiennent au champ lexical de la nature. L’abondance des mots appartenant à ce champ lexical souligne la dominance de la nature sur le paysage romantique. La nature semble être ce témoin oculaire qui a assisté à tous les moments du bonheur du poète.

-Qu’expriment les phrases interronégatives «  Ne pourrons nous jamais  sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour » « n’en pourrons-nous fixer au moins la trace »?

-Les phrases interronégatives expriment le désespoir du poète, et sa passivité face au temps qui s’enfuit prenant avec lui le bonheur.

Quel est le type des phrases suivantes « O temps, suspends ton vol! O lac! rochers muets! grottes! forêt obscure! » ?

Il s’agit des phrases impératives. Elles donnent lieu à une ponctuation forte qui traduit la faiblesse du poète face à la fuite du temps.

-De quelle figure de style s’agit-il dans les vers suivants : «  O lac! L’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde! je viens seul m’asseoir sur cette pierre, Où tu la vis s’asseoir! », ?

-Dans ces vers, il s’agit d’une personnification du lac. Le poète semble s’adresser au lac, le lieu qui lui rappelle son bonheur perdu. Il devient donc le seul témoin oculaire de ses amours passées, ceci est accentué par l’emploi du verbe «  voir ». L’apostrophe « O lac », met l’accent sur la faiblesse du poète et son incapacité à dépasser ses souvenirs.

Face à la fuite du temps, le poète se trouve impuissant. Le temps est présenté comme étant une femme jalouse des rencontres amoureuses du poète espérant l’en priver. L’emploi des phrases interronégatives et exclamatives accentue cette incapacité de l’homme à réagir pour sauver les moments de sa vie.

La dualité entre fuite du temps et impuissance de l’Homme reste un thème central de la poésie romantique.

V-Prolongement :

L’enseignant propose aux élèves  d’autres poèmes qui traitent du même thème.

Apollinaire, Le pont Mirabeau, Alcools

Charles Beaudelaire, L’Ennemi

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