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Fiche pédagogique : Molière, Les Fourberies de Scapin,Acte 1, scène 1 : Scène d’exposition



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Il s’agit d’une fiche pédagogique d’activité de lecture, visant l’étude de la scène d’exposition (Acte 1, scène 1) de la comédie « Les Fourberies de Scapin » de Molière.



Déroulement de la séance

Support :

La scène se déroule à Naples, en Italie.

ACTE I, SCÈNE PREMIÈRE

OCTAVE, SILVESTRE.

OCTAVE.— Ah fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux! Dures extrémités où je me vois réduit! Tu viens, Silvestre, d’apprendre au port, que mon père revient?

SILVESTRE.— Oui.

OCTAVE.— Qu’il arrive ce matin même?

SILVESTRE.— Ce matin même.

OCTAVE.— Et qu’il revient dans la résolution de me marier?

SILVESTRE.— Oui.

OCTAVE.— Avec une fille du seigneur Géronte?

SILVESTRE.— Du seigneur Géronte.

OCTAVE.— Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela?

SILVESTRE.— Oui. 

OCTAVE.— Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle?

SILVESTRE.— De votre oncle.

OCTAVE.— À qui mon père les a mandées par une lettre?

SILVESTRE.— Par une lettre.

OCTAVE.— Et cet oncle, dis-tu, sait toutes nos affaires.

SILVESTRE.— Toutes nos affaires.

OCTAVE.— Ah parle, si tu veux, et ne te fais point de la sorte, arracher les mots de la bouche.

SILVESTRE.— Qu’ai-je à parler davantage! Vous n’oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont.

OCTAVE.— Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles conjonctures.

SILVESTRE.— Ma foi, je m’y trouve autant embarrassé que vous, et j’aurais bon besoin que l’on me conseillât moi-même.

OCTAVE.— Je suis assassiné par ce maudit retour.

SILVESTRE.— Je ne le suis pas moins.

OCTAVE.— Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un orage soudain d’impétueuses réprimandes.

SILVESTRE.— Les réprimandes ne sont rien; et plût au Ciel que j’en fusse quitte à ce prix! Mais j’ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies, et je vois se former de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules.

OCTAVE.— Ô Ciel! par où sortir de l’embarras où je me trouve?

SILVESTRE.— C’est à quoi vous deviez songer, avant que de vous y jeter.

OCTAVE.— Ah tu me fais mourir par tes leçons hors de saison.

SILVESTRE.— Vous me faites bien plus mourir, par vos actions étourdies. 

OCTAVE.— Que dois-je faire? Quelle résolution prendre? À quel remède recourir?

Molière, Les Fourberies de Scapin(1671), acte 1, scène 1.

 

I.  Identification du texte:

Q : D’où est extrait ce texte ? Qui en est l’auteur ?
R : Ce texte est extrait de : Molière, Les Fourberies de Scapin (1671)

Q : Situez le texte par rapport à la pièce de théâtre.
R : Le texte se situe au début de la pièce de théâtre : Acte 1, scène 1.

Q : Qu’appelle-t-on la scène située au début d’une pièce de théâtre?
R : La scène d’exposition

Q : D’après vous, que serait la fonction de cette scène?
R : La scène d’exposition servirait à présenter les personnages de la pièce de théâtre ainsi que le cadre spatio-temporel de cette dernière.


II.  Lecture  du texte:

L’enseignant demandera à 3 élèves de lire le texte, chacun un paragraphe, tout en s’arrêtant sur l’explication des mots difficiles :

Mots à expliquer :

dures extrémités : situation très difficile

seigneur : monsieur (signor, en italien)

mandée : envoyée
Tarente : ville du Sud de l’Italie
me dis : dis-moi

conjonctures : circonstances
bon besoin : bien besoin

fondre: s’abattre

impétueuses réprimandes : violents reproches

plût au Ciel que j’en fusse quitte à ce prix: J’espère pouvoir m’en sortir ainsi

J’ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher : J’ai bien l’air de quelqu’un qui paiera


III.  Comprendre le texte :

1. L’exposition :

·      Q : Où se déroule la scène ?

·      R : La scène se déroule à Naples, en Italie.

·      Q : Qu’appelle-t-on les instructions décrivant les lieux, les personnages et leur gestuelle, et qui sont notées en italique par l’auteur d’une pièce théâtrale ?

·      R : Les didascalies

·      Q : Qui sont les personnages présents ? Quelles relations entretiennent-ils ?

·      R : Les personnages présents sont Octave et son valet Silvestre.

·      Q : Quel événement est annoncé au spectateur au début de la scène ?

·      R : L’événement annoncé au spectateur au début de la scène est le retour du père d’Octave d’un voyage.
Justification : Tu viens Silvestre, d’apprendre au port que mon père revient ?

·      Q : Quelles informations lui sont données sur ce qui s’est passé avant que la pièce ne commence ?

·      R : Le spectateur apprend d’une part, que le père d’Octave revient du voyage avec l’intention de le marier avec la fille de Géronte, et d’autre part, qu’Octave est amoureux (un cœur amoureux), et que, durant l’absence de son père, il a commis des actes dont ce dernier ne serait pas satisfait.

·      Q : Relevez  du texte les phrases de type interrogatif

·      R : Les phrases de type interrogatif figurent sur les premières répliques d’Octave :
_
Tu viens, Silvestre, d’apprendre au port, que mon père revient?
_
Qu’il arrive ce matin même?
_ Et qu’il revient dans la résolution de me marier?
_ Avec une fille du seigneur Géronte?
_ Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela?
_ Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle?
_ À qui mon père les a mandées par une lettre?

·      Q : Le personnage qui pose les questions connaît-il les réponses ? à qui ces réponses sont-elles réellement destinées ?

·      R : Le personnage qui pose les questions (Octave) connaît déjà les réponses puisqu’il n’obtient que des réponses affirmatives de la part de Silvestre. Ces réponses sont destinées au spectateur afin de lui rapporter, oralement, les événements qui se sont déjà passés en dehors de la scène.

·      Q : Comment appelle-t-on le procédé que l’on retrouve dans le théâtre et qui consiste à adresser les répliques à deux destinataires à la fois : aux personnages de la pièce et aux spectateurs ?

·      R : La double énonciation.

2. Le comique :

·      Q : Relevez les expressions répétées au début de la scène. Pourquoi ces répétitions sont-elles amusantes ?

·      R : Les expressions répétées figurent dans les questions-réponses échangées entre Octave et Silvestre.
Ces répétitions sont amusantes dans la mesure où Silvestre répond machinalement aux questions d’Octave en reprenant les mêmes termes : Ce matin même // Du seigneur Géronte // [votre] oncle ­// Par une lettre // Toutes nos affaires.

·      Q : Que redoute Octave ?

·      R : Octave redoute les reproches de son père quand son dernier saura les actes que son fils a commis durant son absence.

·      Q : Montrez, en citant le texte, qu’Octave exagère sa situation. Quel trait de caractère se comportement traduit-il ?

·      R : Ce qui montre dans le texte qu’Octave exagère sa situation est l’utilisation des hyperboles : je vais voir fondre sur moi un orage soudain d’impétueuses réprimandes // Je suis assassiné par ce maudit retour.
Cette exagération traduit d’une part l’aspect émotif et immature d’Octave, et d’autre part, le caractère autoritaire et sévère de son père.

·      Q : Que craint Silvestre de son côté ?

·      R : Silvestre, de son côté, craint les coups de bâton du père d’Octave : Un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules

·      Q : Le spectateur croit-il à une situation dramatique ou s’attend-il à rire ?

·      R : Le spectateur s’attend plutôt à rire, car même si le texte a une tonalité dramatique, celle-ci est contrebalancée par l’expression « coups de bâton » de Silvestre qui renvoie vers le registre comique de la farce.

IV.  Synthèse :

À partir de l’analyse du texte étudié, l’enseignant demandera aux élèves de formuler, d’une manière collective, une synthèse générale qui sera notée sur le tableau et sur les cahiers.

Trace écrite:

La scène d’exposition est la première scène de toute pièce de théâtre.
Elle doit contenir tous les éléments nécessaires à la compréhension de la pièce et ne doit pas dépasser le premier acte.

Le spectateur est informé de la situation initiale par des renseignements sur : Le lieu, Le temps, Les personnages, l’intrigue (l’action), et le ton de la pièce (comique, tragique,…etc.)
Dans la première scène de la pièce théâtrale « Les Fourberies de Scapin » de Molière, on peut, de prime abord, déceler le ton comique de la pièce qui figure dans l’expression « Coups de bâton » et qui renvoie vers l’univers de la farce.
Dans cette même scène, on peut relever également une double énonciation puisque les paroles des personnages sont destinées à la fois aux personnages présents sur scène et aux spectateurs.
Cette double énonciation sert à rapporter, oralement, aux spectateurs les événements qui se sont passés en dehors de la scène.

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